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Nouvelles d’Europe

Par Jean-Jacques BUIGNE
Président de l'UFA
Article paru dans la Gazette des armes n° 387 de mai 2007

Les collectionneurs maltais.

Il y a parfois des exemples qui font rêver. Notre attention a été attirée par l’expérience des amateurs d’armes maltais qui viennent d’obtenir une législation basée sur la confiance de l’état dans la responsabilité des détenteurs. Il suffit d’un examen qui permet de vérifier les connaissances, par la même de s’assurer que l’arme ne sera pas nuisible à autrui. Dès lors l’accès aux armes est large. C’est donc l’individu qui est considéré et non l’arme, c’est une très belle symbiose. Stephen Petroni, président de la FESAC et président de l’association des collectionneurs et tireurs maltais, a été félicité par le ministre de l’Intérieur de l’île. Un exemple à suivre… !

Le ban des katanas.

En Angleterre, un fait divers sanglant à fait prendre une curieuse disposition : désormais, les armes de samouraïs sont interdites. Ce qui entraînerait la fermeture de deux musées qui ont un très faible taux de visites. N’y aurait-il pas là une restriction budgétaire… ?

Le congrès de la Fesac.

Comme tous les ans, les présidents d’associations vont se réunir pour échanger leurs expériences et les résultats de leurs actions. Avec l’effervescence autour de la directive européenne et l’éventualité d’un élargissement du millésime de référence des armes de collection, les débats s’annoncent captivants.
Le congrès aura lieu du 31 mai au 3 juin en Hollande. Nous aurons l’occasion d’en rendre compte dans la Gazette de juillet.

Les évènements de Virginia Tech aux Etats Unis.

Un énergumène qui pète les plombs et qui assassine froidement 33 de ses congénères, c’est bien sûr dramatique. Mais au-delà de cet aspect fortement médiatisé à l’échelle planétaire, cela soulève le problème de la liberté des armes !
Vous imaginez bien que dès l’annonce de cette terrible nouvelle, les présidents de vos associations ont été assaillis de coups de fils de journalistes dont les questions pouvaient se résumer ainsi : pensez-vous que cet événement est susceptible de remettre en question la réglementation des armes, tant aux Etats-Unis qu’en France ?
Cet événement difficile à comprendre intervient juste au moment ou le taux de criminalité avec arme à feu est le plus bas aux Etats Unis, malgré les 250 millions d’armes en possession des résidents américains (1). C’est bien entendu l’individu qui est en cause et non pas l’objet. Les révélations sur la santé mentale du tueur qui avait fait un séjour dans un établissement psychiatrique sont à cet égard révélateur. L’université avait déjà été alertée sur son comportement anormal et n’avait pas pris les mesures qui s’imposaient. De même, on peut se poser la question sur l’efficacité de la réaction des forces de l’ordre qui ont permis au tueur de poster des cassettes vidéos au cours de la tuerie. Dès l’annonce de cet événement tragique, nombreux sont ceux qui ont, dans les médias, mis la responsabilité des faits sur soit disant la vente " libre " des armes aux Etats-Unis. Cette attitude est trop facile et aussi trop naïve. Les Etats-Unis ont une longue tradition vis-à- vis de la possession d’armes. Ce droit est inscrit dans 2° amendement du Bill of Rights (2) partie intégrante de la Constitution américaine adoptée en 1787. Vu le nombre d’armes disponibles aux Etats-Unis depuis de très nombreuses années, il est illusoire de croire que dans ce pays la simple interdiction des armes empêcherait un déséquilibré de s’en procurer une. La loi est facilement détournée pour celui qui ne veut pas la respecter, on le voit avec les gangs américains qui se procurent des armes prohibées par le biais de marchés parallèles. La drogue est depuis longtemps interdite par la loi, pourtant nombreux sont ceux qui en vendent et encore plus nombreux ceux qui en consomment… Alors songer interdire la possession d’armes dans un pays si culturellement attaché à ce droit revient à demander l’interdiction des voitures parce qu’un chauffard alcoolisé ou suicidaire a causé une hécatombe en prenant une autoroute en sens inverse. La réalité de la situation est celle-là quoi qu’on en dise. Personne n'est à l’abri d’un accident de parcours d’un individu. Penser que nous pouvons vivre avec un risque zéro est utopique mais c’est dans l’air du temps.
La tuerie de Nanterre n’a été rendue possible que par un dysfonctionnement de l’administration qui a permis au meurtrier dont l'état psychique était connu, de conserver ses armes alors que ses autorisations étaient caduques. Après les nouvelles mesures prises suite à cet événement, il est difficile d’en faire plus, tous les paisibles amateurs d’armes en sont témoins.


(1) Déclaration d’Alain Bauer sur France Info le 16 avril. C’est le spécialiste français de la criminalité. Voir GA n° 374 de mars 2006 sur le Colloque au sénat.

(2) 2e amendement 1891 : « le droit qu'a le peuple de détenir et de porter des armes ne sera pas transgressé. »

 

 

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